Vire en Mauritanie, l’experience de Yazid, ExpatVie #1

Vire en Mauritanie, l’experience de Yazid, ExpatVie #1

mars 1, 2019 0 Par Mcflyvoyage

Première interview d’un expatrié pour sublimonde.fr, Yazid va nous emmener sur 2 continents et 2 pays totalement différents : la Mauritanie et la République Dominicaine. Ancien Conseiller Principale d’Education en lycée dans le Val de Marne, il était important pour moi que la première interview sur www.sublimonde.fr mette à l’honneur ce monsieur. En effet avant mon premier long voyage en sac à dos dans mon entourage il n’y avait pas de grand voyageur, hormis Yazid qui à avait déjà commencer à voyager de cette manière avant son expatriation. Merci donc à cet ami d’enfance de mon père pour ses précieux conseils et son envie du voyage qu’il à réussi à me transmettre.

Salut Yazid, je t’ai déjà présenté brièvement en introduction, tu pourrais nous parler de toi avant ta première expatriation et si avant de t’engager dans ton lycée ici en France tu y pensais déjà ?

Avant ma première expatriation en Mauritanie, j’avais connu plusieurs expériences de voyages à travers le monde. Des expériences personnelles puis professionnelles en tant que directeur de centres de vacances pour des jeunes adolescents. Ces moments ont été très enrichissants et ont contribué à construire et forger ma personnalité que je peux considérer : ouverte sur le monde. C’est la raison pour laquelle, je me sens profondément aujourd’hui “citoyen du monde”.

Si je remonte encore plus loin dans le temps, je me souviens que lorsque j’étais enfant et adolescent, je partais souvent en colonie de vacances à la découverte de la “douce France”. C’était le temps “des copains ” de la découverte de l’autre et du collectif.

Tout cela m’a donné ” des ailes” et encouragé à connaître de nouveaux horizons dans le cadre d’une “expatriation longue durée” pour le compte de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger.

En Mauritanie dans un premier temps puis actuellement en République Dominicaine.

Pourquoi avoir quitter la France et à quel rythme y reviens-tu ? (Tes attaches ici ?)

J’ai quitté la France pour un temps de ma vie mais pas définitivement. Je tiens à préciser que j’exerce une activité professionnelle pour le compte de la France à l’étranger

Pour la petite histoire, après avoir reçu ma nomination pour la Mauritanie, il fallait confirmer rapidement et la décision a été finalement difficile car on quitte sa famille, ses parents, ses amis, certains objets, des habitudes, des activités… Finalement, le oui a fini par l’emporter car connaître une nouvelle expérience de vie au bout du monde reste un beau challenge, une chance dont je peux dire aujourd’hui que je ne regrette pas de l’avoir saisie.

Je reviens en France deux fois par an en moyenne pour voir ma famille et aussi mes amis. Je pense qu’il est important de rester en contact avec la source pour ne pas être complètement déconnecté lorsque viendra le moment probable du retour.

“En fait, l’Afrique est malheureusement peu connue du “tourisme grand public” mais elle attire toujours ce public particulier à la recherche d’aventure, de grands espaces et de rencontres uniques empreintes d’humanité et de solidarité.”

Tu es parti en Mauritanie, pour combien de temps, quel type de poste et quelles étaient tes attentes ?

Je suis resté en Mauritanie cinq ans de 2008 à 2013, pendant toute la durée de mon contrat. J’ai exercé la fonction de Proviseur adjoint au Lycée français de Nouakchott : le Lycée Théodore Monod. 

Le cadre, l’environnement et la structure du lycée étaient différents de ce que je connaissais en France.

Par exemple, sur le plan de la structure, le lycée abrite à la fois une école primaire, un collège et des classes de lycée. Un élève peut donc passer 15 ans sur le même site en changeant juste de cycle.

Cela a des avantages sur le plan éducatif, pédagogique et le suivi des élèves. 

Aussi, cela développe chez les élèves et leur famille, une forte appartenance à une institution scolaire sous le label France. De ce point de vue, j’ai été aussi frappé et admiratif par leur attachement à la France, sa langue, son histoire et sa culture. 

Mes attentes sur le plan professionnel étaient en fait définies dans le cadre d’une lettre de mission de l’AEFE. Elles portaient grosso modo sur le fonctionnement de l’établissement, la gestion des ressources humaines, le dialogue avec les parents, le suivi des élèves et le rayonnement de la culture française en Mauritanie.

Mes attentes sur le plan personnel étaient les suivantes : adaptation à un nouvel environnement, créer de nouvelles relations puis partager, connaître, découvrir la Mauritanie et les mauritaniens.

D’un point de vu plus général, même si voyager est devenu accessible à un grand nombre, l’Afrique est peu connue, tu as pu y visiter quelque pays ? Au niveau de la sécurité et de l’emploi c’est comment ?

En fait, l’Afrique est malheureusement peu connue du “tourisme grand public” mais elle attire toujours ce public particulier à la recherche d’aventure, de grands espaces et de rencontres uniques empreintes d’humanité et de solidarité. 

J’ai visité le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Sur le plan de la sécurité, je m’y suis senti en sécurité pendant toute la durée de mon expatriation y compris lors de mes séjours au Sénégal et en Côte D’Ivoire. Il peut y avoir cependant, en fonction de la situation politique et sociale, des règles qu’il faut respecter. Elles nous sont communiquées par l’Ambassade de France. 

Pour l’emploi, il vaut mieux arriver avec en emploi en poche et “être attendu à l’aéroport”.  Je veux dire qu’il est plus difficile de trouver sur place et d’arriver de manière improvisée.

Quels conseils donneraient-tu à un français qui souhaiterais s’expatrier en Afrique ?

Je donne les conseils suivants :  

– Faire les démarches en amont. Se renseigner sur le pays, aller sur des forums, consulter le site de l’Ambassade de France du pays, avoir des échanges mails avec des personnes qui exercent dans la même organisation que vous.

– Bien se renseigner sur les formalités d’entrée et de séjour dans le pays.

– Faire une visite médicale complète avant de partir et être en bonne santé.

– Prévoir un budget d’installation pour faire face à de nombreuses dépenses. 

– Si possible, envisager un court séjour dans le pays pour se faire une idée générale et commencer à réaliser les premières démarches tout en tissant des premiers contacts.

Pour une expatriation de longue durée, ce n’est pas négligeable.

Dernière question, « sublimonde » qu’est ce que ca t’évoques ?

Sublimonde évoque pour moi, le monde dans toute sa diversité et splendeur des peuples, espaces et cultures. 

Merci à Yazid pour ses réponses, on le retrouvera bientôt pour un entretien plus orienté sur sa deuxieme expatriation en République Dominicaine.